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Panorama des formations paramédicales

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Comprendre toutes les voies d’accès aux métiers du soin, du diagnostic et de la rééducation

Les métiers paramédicaux occupent aujourd’hui une place essentielle dans le fonctionnement du système de santé. Ils offrent aux jeunes la possibilité d’exercer des professions à forte dimension humaine, tout en répondant à des besoins sociétaux croissants : vieillissement de la population, prise en charge du handicap, développement de la prévention, renforcement de la coordination des soins. Pourtant, la diversité des formations, les réformes récentes et les variations d’admission d’un établissement à l’autre peuvent rendre difficile la compréhension des parcours post-bac. Ce panorama a pour ambition d’apporter aux parents une vision claire, structurée et actualisée de ces voies d’accès vers les métiers de la rééducation, du diagnostic, du soin direct et de l’appareillage, en explicitant chaque diplôme, chaque sigle et chaque modalité d’entrée.

1. Les métiers de la rééducation : reconstruire, réapprendre, retrouver l’autonomie

Les professions de la rééducation sont souvent les plus visibles du grand public et parmi les plus convoitées. Elles requièrent un sens aigu du contact humain et un réel intérêt pour les sciences du mouvement et de la santé. Le métier de kinésithérapeute en est un exemple emblématique. L’accès à la formation se fait au sein d’un IFMK (Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie). Dans la majorité des régions, la sélection s’opère via Parcoursup après une première année de PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé) ou de L.AS (Licence avec Accès Santé). Toutefois, des places sont parfois ouvertes à des étudiants inscrits en Licence STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives) ou en Licence Sciences de la Vie, selon les partenariats propres à chaque université. Cette hétérogénéité demeure importante selon les territoires. La formation elle-même dure quatre ans et conduit au Diplôme d’État de masseur-kinésithérapeute, reconnu au grade licence. Les enseignements couvrent l’anatomie, la biomécanique, la physiologie, les pathologies de l’appareil locomoteur, la kinésithérapie respiratoire et neurologique, ainsi que de longs stages professionnalisants.

L’ergothérapie, proposée dans un IFE (Institut de Formation en Ergothérapie), représente une autre voie passionnante pour accompagner les personnes en perte d’autonomie. Là encore, l’entrée se fait via Parcoursup, le plus souvent après une PASS ou une L.AS, même si certains instituts acceptent un petit nombre de bacheliers immédiatement après le bac. Cette possibilité reste toutefois très variable selon les établissements. Les études s’étendent sur trois années, sanctionnées par le Diplôme d’État d’ergothérapeute. Elles associent sciences biomédicales, psychologie, ergonomie, analyse du geste, technologies d’assistance et adaptation de l’environnement, toujours avec une forte dimension de stage.

La psychomotricité, profession moins connue mais essentielle, se prépare en trois ans dans un IFP (Institut de Formation en Psychomotricité). L’accès s’effectue désormais via Parcoursup, généralement après PASS ou L.AS, même si certaines écoles conservent des modalités complémentaires telles qu’une année préparatoire interne ou des épreuves spécifiques, ce qui dépend des établissements. Le Diplôme d’État de psychomotricien valide cette formation centrée sur la neuropsychologie, la motricité, les médiations corporelles, la relaxation et le développement psychomoteur, avec un accent particulier mis sur l’observation clinique.

La formation d’orthophoniste, quant à elle, se distingue par sa grande sélectivité. Elle se déroule dans des départements universitaires de sciences du langage et s’achève au bout de cinq ans par la délivrance du Certificat de Capacité d’Orthophoniste, qui confère un grade master. L’accès repose sur un concours spécifique intégré à Parcoursup, mais les épreuves, les coefficients et les modalités d’entretien varient sensiblement selon les universités. Les enseignements couvrent la linguistique, la neurolinguistique, la phonation, la cognition, l’apprentissage du langage et sa rééducation, sans oublier les nombreux stages en cabinet et en structures de soins.

Enfin, l’orthoptie, profession en plein essor du fait de la pénurie d’ophtalmologistes, se prépare à l’université dans le cadre d’un cursus aujourd’hui reconnu au grade master. L’accès passe par Parcoursup, généralement via PASS ou L.AS, même si certaines universités proposent des voies complémentaires selon leurs partenariats. Les cinq années d’études permettent d’acquérir des compétences en motricité oculaire, dépistage visuel, examens ophtalmologiques et rééducation des troubles de la vision binoculaire.

2. Les métiers du diagnostic et des technologies médicales : l’expertise scientifique au cœur du soin

Le diagnostic constitue une étape essentielle du parcours de santé, et les métiers qui y participent exigent rigueur scientifique et maîtrise technologique. Le manipulateur en électroradiologie médicale, souvent appelé “manip radio”, en est une figure centrale. La formation se déroule dans un IFMEM (Institut de Formation des Manipulateurs en Électroradiologie Médicale) et dure trois ans. Elle débouche sur le Diplôme d’État de manipulateur en électroradiologie médicale, reconnu au grade licence. L’admission se fait via Parcoursup, mais la répartition des places et la nature des épreuves complémentaires peuvent varier selon les instituts. Le programme alterne imagerie médicale (radiographie, scanner, IRM), radio-anatomie, physique des rayonnements et stages hospitaliers.

Le métier de technicien de laboratoire médical constitue une autre voie majeure du diagnostic. Deux parcours coexistent : le BTS ABM (Analyses de Biologie Médicale) et le BUT GB (Génie Biologique) – parcours ABB (Analyses Biologiques et Biochimiques). Ces deux formations, accessibles sur Parcoursup, durent respectivement deux et trois ans. Le contenu pédagogique varie peu d’un établissement à l’autre, même si certains laboratoires partenaires renforcent des dimensions spécifiques telles que la biologie moléculaire ou la microbiologie clinique. Les diplômés interviennent dans l’analyse d’échantillons sanguins, urinaires ou tissulaires, un rôle central dans la chaîne du diagnostic.

L’audioprothèse, enfin, offre une formation universitaire de trois ans débouchant sur le Diplôme d’État d’audioprothésiste. L’accès s’effectue via Parcoursup et reste très sélectif, mais les critères précis de sélection diffèrent selon les universités qui proposent cette formation. Le programme aborde l’audiométrie, la psychoacoustique, la physiologie auditive, l’électronique des appareils et l’adaptation prothétique, dans un secteur où les besoins augmentent régulièrement.

3. Les métiers du soin direct : accompagner, surveiller, rassurer

Au cœur du système de santé, les métiers du soin direct représentent souvent le premier contact des patients avec les équipes soignantes. Ils nécessitent une solide capacité d’adaptation, un sens aigu de l’observation et une présence humaine constante. La profession d’infirmier diplômé d’État en est la figure principale. La formation se déroule en IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) et s’étend sur trois années, au terme desquelles les étudiants obtiennent le Diplôme d’État d’infirmier, reconnu au grade licence. L’admission se fait via Parcoursup, même si les critères de sélection — poids du dossier, nature des appréciations demandées, importance accordée aux expériences personnelles — varient légèrement selon les IFSI. Le programme mêle sciences médicales (biologie, anatomie, pharmacologie, pathologies), sciences infirmières, raisonnement clinique et une immersion professionnelle très progressive grâce à de nombreux stages dans des services variés. À l’issue du diplôme, il est possible d’accéder à des spécialisations telles que l’anesthésie, le bloc opératoire ou la puériculture, chacune accessible via concours.

L’aide-soignant, bien qu’inscrit dans une formation plus courte, occupe une place essentielle auprès des patients. Depuis la réforme de 2020, l’accès à la formation se fait via Parcoursup dans un IFAS (Institut de Formation des Aides-Soignants). Le cursus s’étend sur une durée de dix à douze mois, selon l’organisation propre à chaque institut, et débouche sur le Diplôme d’État d’aide-soignant. Les contenus portent sur l’hygiène, le confort du patient, l’anatomie de base, la prévention et la relation soignant-soigné. Il est intéressant de noter que plusieurs IFAS proposent des modalités d’alternance, une possibilité qui dépend toutefois des établissements.

L’auxiliaire de puériculture constitue une autre voie, orientée cette fois vers le soin des nourrissons et des jeunes enfants. La formation, d’une durée d’un an, se déroule en IFAP (Institut de Formation des Auxiliaires de Puériculture) et recrute via Parcoursup. Comme pour la formation d’aide-soignant, les contenus sont encadrés nationalement mais les modalités pratiques — organisation des stages, partenariats avec des maternités ou des crèches — varient sensiblement selon les IFAP. Les enseignements abordent le développement du jeune enfant, les soins quotidiens, la nutrition et la prévention.

Dans l’ensemble, les métiers du soin direct offrent une employabilité très forte, confirmée par les données du Ministère de la Santé et de l’ONISEP (Office National d’Information Sur les Enseignements et les Professions). Ils constituent souvent des portes d’entrée vers des carrières évolutives, en particulier pour les infirmiers dont les spécialisations ou les passerelles vers les études de médecine sont aujourd’hui bien établies.

4. Les métiers de l’appareillage et de l’optique : allier technicité, précision et accompagnement

À la frontière entre soin et ingénierie, certaines professions paramédicales se distinguent par leur dimension technique particulièrement poussée. Elles exigent un sens du détail, de la précision manuelle et une attention particulière aux besoins des patients.

La profession d’orthoprothésiste illustre parfaitement cet équilibre entre technicité et relation humaine. L’accès à ce métier se fait principalement par le BTS Prothésiste-Orthésiste (Brevet de Technicien Supérieur Prothésiste-Orthésiste), une formation en deux ans accessible via Parcoursup. Le contenu pédagogique aborde l’anatomie, la biomécanique, les matériaux, les procédés de fabrication et l’adaptation sur mesure d’appareillages : prothèses, orthèses, corsets ou aides à la posture. Les instituts peuvent proposer des spécialisations supplémentaires, notamment en appareillage sportif ou en technologies d’impression 3D, mais ces possibilités dépendent des établissements. Une poursuite d’études en licence professionnelle est également envisageable pour acquérir une expertise technique plus poussée.

L’opticien-lunetier, profession connue du grand public, relève lui aussi du champ paramédical dans sa dimension de santé visuelle. Le BTS OL (Brevet de Technicien Supérieur Opticien-Lunetier), d’une durée de deux ans et ouvert via Parcoursup, constitue la voie de formation incontournable. Les étudiants y étudient l’optique géométrique, la réfraction, la contactologie, les techniques de montage de lunettes et le conseil visuel. Si les référentiels sont nationaux, l’intensité des travaux pratiques et la présence de plateaux techniques modernes peuvent varier selon les écoles. De nombreux diplômés poursuivent ensuite en licence professionnelle d’optométrie, afin d’approfondir l’examen de la vue ou l’adaptation de lentilles, un domaine en forte demande.

Ces métiers de l’appareillage et de l’optique recrutent régulièrement. Ils allient accompagnement personnalisé et haute technicité, ce qui convient particulièrement aux jeunes attirés par des professions manuelles mais exigeantes, où l’innovation — impression 3D, lunettes connectées, nouvelles prothèses — transforme rapidement les pratiques.

Conclusion

Les formations paramédicales constituent un ensemble cohérent de parcours exigeants, professionnalisants et porteurs. Qu’il s’agisse de rééducation, de diagnostic, de soin direct ou d’appareillage, toutes ces filières partagent un même socle : celui d’un engagement profond envers la personne soignée, d’une démarche scientifique rigoureuse et d’une insertion professionnelle remarquablement dynamique. Les voies d’accès demeurent variées — PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé), L.AS (Licence avec Accès Santé), BTS (Brevet de Technicien Supérieur), BUT (Bachelor Universitaire de Technologie) ou encore formations d’instituts spécialisés — et certaines modalités peuvent évoluer ou différer selon les universités et les établissements. D’où l’importance pour les familles de s’informer régulièrement et de consulter les plateformes officielles.

Accompagner un futur étudiant qui s’oriente vers ces métiers implique aussi de l’aider à explorer ses motivations profondes : aime-t-il le contact humain ? La rigueur scientifique ? Le travail manuel ? La précision technique ? Les stages d’observation, les rencontres avec des professionnels ou les Journées Portes Ouvertes peuvent être de précieux outils pour affiner un choix.

À retenir pour les parents

Les métiers paramédicaux offrent des voies d’études solides, accessibles et très professionnalisantes.

Pour guider au mieux votre enfant, gardez en tête quelques points essentiels :

  • Les modalités d’accès varient selon les formations et parfois même selon les établissements. PASS, L.AS, dossier Parcoursup, concours universitaires ou BTS/BUT : il n’existe pas un seul chemin, mais plusieurs portes d’entrée possibles.
  • Tous les sigles représentent des diplômes ou structures officielles. Ils sont déterminants pour comprendre les parcours : IFMK (Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie), IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers), IFMEM (Institut des Manipulateurs en Électroradiologie Médicale), etc.
  • Les formations sont exigeantes mais très professionnalisantes. Elles combinent théorie scientifique, pratique en institut ou en université, et nombreux stages.
  • L’insertion professionnelle est excellente. Selon l’ONISEP et le Ministère de la Santé, la majorité des diplômés trouvent rapidement un emploi, souvent dès la fin de leurs stages.
  • Le choix doit se faire en fonction du profil de votre enfant. Certains métiers demandent une forte dimension relationnelle, d’autres une rigueur scientifique, d’autres encore une technicité manuelle.

Votre rôle de parent est crucial : encourager l’exploration, sécuriser le parcours, aider à comprendre les exigences et valoriser les intérêts réels de votre enfant.

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