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Pourquoi les compétences humaines comptent désormais autant que les compétences techniques
Lorsqu’on évoque les métiers scientifiques et techniques, l’image qui vient spontanément à l’esprit est celle des mathématiques, de l’ingénierie, de l’informatique ou encore de la recherche en laboratoire. Ces compétences techniques, souvent appelées hard skills, restent bien entendu indispensables. Pourtant, elles ne suffisent plus à elles seules pour réussir et évoluer durablement dans ces secteurs. Aujourd’hui, les employeurs accordent une importance croissante à un autre type de compétences, longtemps sous-estimées dans les parcours scolaires : les soft skills, ou compétences humaines et comportementales.
Les transformations rapides du monde du travail, la complexité croissante des projets scientifiques et l’importance du travail collaboratif ont profondément modifié les attentes des recruteurs. Les études récentes, notamment celles relayées par des organismes internationaux comme le World Economic Forum, montrent que ces compétences transversales sont devenues aussi déterminantes que les compétences techniques, voire parfois plus décisives à long terme.
Les soft skills : de quoi parle-t-on exactement ?
Les soft skills regroupent l’ensemble des compétences liées au comportement, aux relations humaines et à la manière de travailler. Elles complètent les savoirs techniques et permettent aux professionnels de s’adapter, de coopérer efficacement et de résoudre des situations complexes. Il s’agit notamment de la capacité à communiquer clairement, à l’oral comme à l’écrit, à travailler en équipe, à analyser des problèmes complexes avec esprit critique, à faire preuve de créativité et à s’adapter au changement. L’intelligence émotionnelle, la gestion des conflits, la prise d’initiative et le leadership font également partie de ces compétences clés.
Contrairement à certaines idées reçues, les soft skills ne sont pas innées. Elles se construisent progressivement à travers les expériences : projets collectifs, travaux pratiques, stages, engagements associatifs, activités sportives ou culturelles, mais aussi au sein même des formations scientifiques et techniques lorsque celles-ci intègrent des pédagogies actives.
Pourquoi ces compétences sont-elles devenues indispensables aujourd’hui ?
Des métiers scientifiques fondamentalement collaboratifs
Dans la réalité professionnelle, les scientifiques et les techniciens travaillent rarement seuls. Un ingénieur collabore avec des profils variés : designers, responsables qualité, juristes, commerciaux ou clients. Un chercheur doit être capable de présenter ses résultats à des partenaires industriels, à des financeurs ou à des équipes issues d’autres disciplines. La capacité à expliquer clairement des concepts complexes est désormais un marqueur fort de professionnalisme et de réussite.
Cette dimension collaborative est encore renforcée par le développement de projets interdisciplinaires, aussi bien dans la recherche que dans l’industrie. Travailler efficacement avec des personnes aux parcours, aux cultures et aux expertises différentes suppose écoute, adaptabilité et sens du collectif.
S’adapter et résoudre des problèmes dans un monde en mutation
Les métiers scientifiques et techniques évoluent rapidement. Les outils, les méthodes et parfois même les métiers changent en quelques années. Pour s’inscrire durablement dans ces carrières, il est essentiel de savoir apprendre en continu, de s’adapter à de nouvelles situations et de faire face à l’incertitude. L’esprit critique, qui permet d’analyser une situation, de comparer des solutions et d’anticiper leurs conséquences, est devenu une compétence centrale recherchée par les recruteurs.
Leadership et relations humaines : des enjeux à tous les niveaux
Même sans occuper un poste d’encadrement formel, un professionnel scientifique peut être amené à coordonner une équipe, animer une réunion, gérer un désaccord ou défendre un projet. Le leadership ne se résume pas au management hiérarchique : il repose sur la capacité à fédérer, à convaincre et à créer un climat de confiance. Ces compétences relationnelles influencent directement la performance collective et les perspectives d’évolution professionnelle.
Ce que disent les études et les recruteurs
Les analyses du marché du travail convergent toutes vers le même constat. Les employeurs attendent des jeunes diplômés qu’ils maîtrisent non seulement les fondamentaux scientifiques, mais aussi des compétences telles que la collaboration, la communication, la résolution de problèmes complexes, la créativité et l’intelligence émotionnelle. Plusieurs études soulignent d’ailleurs un décalage persistant entre les compétences humaines développées au cours des études et celles réellement attendues en entreprise.
Les formations scientifiques intégrant des approches pédagogiques actives – projets, travaux de groupe, études de cas – contribuent justement à développer ces soft skills. Les offres d’emploi dans les secteurs scientifiques, technologiques et numériques mentionnent de plus en plus explicitement ces compétences humaines, preuve qu’elles ne constituent plus un simple « plus », mais bien un prérequis.
Comment accompagner son enfant dans le développement des soft skills ?
Les soft skills se construisent principalement par l’expérience. Les parents peuvent jouer un rôle clé en encourageant leur enfant à s’engager dans des projets collectifs, qu’ils soient scolaires ou extrascolaires. Les clubs scientifiques, les projets de robotique, les associations ou les concours permettent d’apprendre à coopérer et à communiquer. Les stages et premières expériences professionnelles sont également des occasions précieuses pour développer l’autonomie, l’adaptabilité et le sens des responsabilités.
L’entraînement à l’expression orale et écrite, par le biais d’exposés, de présentations, de projets numériques ou même d’activités créatives, constitue un atout majeur pour toute carrière scientifique. Enfin, les activités sportives et culturelles participent pleinement au développement du leadership, de la persévérance et du travail en équipe.
Les soft skills, un critère décisif pour l’insertion et l’évolution professionnelle
Le marché du travail scientifique et technique montre clairement que les compétences techniques seules ne suffisent plus. Les recruteurs considèrent de plus en plus que les soft skills sont tout aussi importantes pour s’intégrer, évoluer et accéder à des postes à responsabilités. Ces compétences humaines ne remplacent pas les savoirs scientifiques, elles les complètent et les valorisent.
Conclusion : remettre l’humain au cœur des parcours scientifiques
Les métiers scientifiques et techniques d’aujourd’hui sont collaboratifs, interdisciplinaires et orientés vers la résolution de défis complexes. Réussir dans ces domaines suppose bien plus que des connaissances théoriques. Développer des compétences telles que la communication, l’esprit critique, l’adaptabilité, le travail en équipe ou le leadership est devenu indispensable pour trouver un emploi, s’épanouir professionnellement et progresser tout au long de sa carrière.
Mickaël Bosco, maître de conférence de formation et directeur du campus ESAIP d’Aix-en-Provence
L’Esaip est une école d’ingénieurs française reconnue par l’État, accréditée par la Commission des Titres d’Ingénieur (CTI) et membre de la Conférence des Grandes Écoles (CGE). Depuis sa fondation en 1987, avec des campus à Angers et Aix-en-Provence, l’Esaip s’est consacrée à la formation d’ingénieurs pendant plus de 35 ans. L’école se spécialise dans des secteurs porteurs tels que le numérique (cybersécurité et intelligence artificielle), la gestion des risques, la santé, la sécurité et l’environnement. Elle propose des formations allant de Bac +3 à Bac +5, incluant un cycle ingénieur en 5 ans accessible directement après le bac ou après un Bac+2 (BTS, BUT, L2, etc.).
L’Esaip met l’accent sur trois axes principaux :
- L’international : séjours à l’étranger, collaborations avec plus de 100 universités partenaires et un fort accent sur l’apprentissage des langues.
- L’insertion professionnelle : stages annuels, accompagnement personnalisé pour la recherche d’emploi et un taux d’embauche élevé (80 % des étudiants reçoivent une offre d’emploi avant l’obtention de leur diplôme).
- L’apprentissage par projets : développement des compétences techniques et des compétences humaines essentielles en entreprise.
En tant qu’établissement d’enseignement supérieur privé d’intérêt général (EESPIG) à but non lucratif, l’Esaip réinvestit tous ses fonds dans l’enseignement, la vie étudiante et le soutien aux étudiants.Attachée à ses valeurs, l’Esaip vise à former des ingénieurs ouverts, responsables et capables de répondre aux enjeux de demain. Avec un réseau actif de plus de 6 000 anciens élèves, l’école offre de nombreuses opportunités de carrière, d’innovation et de mobilité internationale.
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