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Comprendre les grandes tendances pour mieux orienter les jeunes
Lorsqu’il est question de l’avenir professionnel des jeunes, les métiers scientifiques et techniques suscitent à la fois de l’enthousiasme et de nombreuses interrogations. Beaucoup de parents se demandent quels secteurs recrutent vraiment, si ces métiers sont durables et quels types d’études ou de compétences ils exigent. Pour répondre de manière rigoureuse, il est essentiel de s’appuyer sur des données fiables et récentes, issues d’organismes internationaux et français reconnus.
Les analyses convergent : le marché de l’emploi scientifique est en profonde transformation. Trois moteurs structurent cette évolution : la révolution numérique, et en particulier l’intelligence artificielle, la transition énergétique et écologique, ainsi que le dynamisme des biotechnologies et des sciences de la santé. Ces mutations ne se contentent pas de créer de nouveaux métiers ; elles transforment en profondeur les compétences attendues.
Une transformation du marché du travail créatrice d’opportunités
Selon le rapport Future of Jobs, publié par le World Economic Forum, le monde pourrait voir émerger près de 170 millions de nouveaux emplois d’ici 2030, tandis qu’environ 92 millions de postes actuels disparaîtraient ou seraient profondément modifiés. Le solde reste positif, avec environ 78 millions d’emplois supplémentaires à l’échelle mondiale, principalement dans les secteurs technologiques et liés à la transition écologique.
Cette dynamique s’accompagne d’une évolution majeure : l’employabilité repose de moins en moins uniquement sur le diplôme initial et de plus en plus sur un ensemble de compétences, techniques mais aussi humaines. Les entreprises recherchent à la fois des profils capables de maîtriser les outils numériques avancés et des jeunes sachant collaborer, faire preuve de créativité et s’adapter à des environnements en constante évolution.
L’intelligence artificielle, moteur central de la croissance des emplois scientifiques
L’intelligence artificielle s’impose aujourd’hui comme l’un des secteurs les plus dynamiques du marché de l’emploi scientifique. En France, les offres liées à l’IA ont progressé de manière spectaculaire, avec une hausse de 273 % entre 2019 et 2024. En 2024, on dénombrait environ 166 000 offres d’emploi intégrant des compétences en intelligence artificielle, plaçant la France parmi les pays leaders en Europe sur ce sujet.
Au-delà du volume d’emplois, ces métiers se distinguent par leur attractivité. Les postes nécessitant des compétences en IA offrent en moyenne des rémunérations jusqu’à 56 % supérieures à celles de métiers comparables sans cette spécialisation. Ingénieur en intelligence artificielle, spécialiste du machine learning, data scientist ou encore expert en cybersécurité figurent parmi les profils les plus recherchés.
Il est important de souligner que l’IA ne concerne plus uniquement les entreprises du numérique. Les secteurs de la santé, de l’industrie, de la finance, des services ou encore de la logistique intègrent désormais massivement ces technologies pour optimiser leurs processus et innover.
Transition énergétique : des besoins massifs, mais un défi de compétences
La transition écologique constitue un autre pilier majeur de la croissance des métiers scientifiques. Les technologies liées aux énergies renouvelables – solaire, éolien, stockage de l’énergie, réseaux intelligents – génèrent une forte demande en ingénieurs, techniciens et experts en efficacité énergétique.
Toutefois, cette dynamique se heurte à une difficulté importante : le manque de professionnels qualifiés. D’après l’Agence internationale de l’énergie, l’insuffisance de compétences techniques freine parfois le déploiement de projets, notamment pour les métiers de terrain liés à l’installation, à la maintenance et à la fabrication des équipements.
Contrairement à certaines idées reçues, les métiers « verts » reposent sur des bases scientifiques et techniques solides : électrotechnique, génie énergétique, maintenance industrielle ou encore automatisation. Ils offrent des perspectives concrètes d’insertion professionnelle, souvent dès le niveau bac+2 ou bac+3, tout en permettant des évolutions de carrière vers des postes d’ingénierie.
Biotechnologies et santé : un secteur porté par les besoins sociétaux
Les biotechnologies et les sciences de la vie demeurent des domaines stratégiques, portés par le vieillissement de la population, le développement de nouvelles thérapies et l’essor de la prévention et de la santé numérique. La demande concerne aussi bien la recherche scientifique que l’ingénierie biomédicale ou la gestion et l’analyse de données cliniques.
Certains métiers très spécialisés, comme chercheur en biotechnologie, nécessitent des parcours longs, souvent jusqu’au doctorat. Toutefois, le secteur offre également de nombreuses opportunités dans des fonctions dites « supports » : qualité, affaires réglementaires, assistance clinique ou coordination de projets. Ces postes, en forte croissance, sont accessibles après des formations scientifiques de niveau licence à master.
Les biotechnologies dépassent désormais le cadre strict des laboratoires de recherche. Elles irriguent des secteurs variés comme l’agroalimentaire, l’environnement, la chimie verte ou l’industrie pharmaceutique.
Quels métiers scientifiques sont particulièrement recherchés ?
Les projections croisées du World Economic Forum, de France Stratégie et de la DARES mettent en évidence une forte demande pour les ingénieurs en informatique, en intelligence artificielle et en cybersécurité, ainsi que pour les spécialistes de la donnée. Les ingénieurs en énergies renouvelables, les experts en automatisation et en robotique, les techniciens de maintenance des systèmes énergétiques, mais aussi les professionnels des biotechnologies et de la santé numérique figurent également parmi les profils les plus recherchés.
Ces métiers s’exercent aussi bien dans des entreprises privées, des start-up innovantes, des instituts de recherche, que dans le secteur public, les hôpitaux ou les collectivités territoriales. Ils se caractérisent souvent par une forte interdisciplinarité.
Les chiffres clés à retenir pour les parents
Quelques indicateurs permettent de mesurer l’ampleur de ces évolutions. Les offres d’emploi liées à l’intelligence artificielle ont augmenté de 273 % en France entre 2019 et 2024. À l’échelle mondiale, 170 millions de nouveaux emplois pourraient être créés d’ici 2030. Environ 22 % des métiers actuels devraient être transformés par les évolutions technologiques, tandis que les besoins en compétences liées à la transition écologique progressent plus rapidement que le nombre de professionnels formés.
En conclusion : des opportunités réelles, à condition de s’adapter
Toutes les études convergent vers un même constat : les métiers scientifiques et techniques offrent de solides perspectives d’avenir, mais ils exigent une capacité d’adaptation permanente. Encourager un jeune à s’orienter vers les sciences aujourd’hui ne signifie pas uniquement l’amener à aimer les mathématiques ou l’informatique. Il s’agit surtout de l’aider à développer une culture scientifique, des compétences transversales et une aptitude à apprendre tout au long de la vie.
Mickaël Bosco, maître de conférence de formation et directeur du campus ESAIP d’Aix-en-Provence
L’Esaip est une école d’ingénieurs française reconnue par l’État, accréditée par la Commission des Titres d’Ingénieur (CTI) et membre de la Conférence des Grandes Écoles (CGE). Depuis sa fondation en 1987, avec des campus à Angers et Aix-en-Provence, l’Esaip s’est consacrée à la formation d’ingénieurs pendant plus de 35 ans. L’école se spécialise dans des secteurs porteurs tels que le numérique (cybersécurité et intelligence artificielle), la gestion des risques, la santé, la sécurité et l’environnement. Elle propose des formations allant de Bac +3 à Bac +5, incluant un cycle ingénieur en 5 ans accessible directement après le bac ou après un Bac+2 (BTS, BUT, L2, etc.).
L’Esaip met l’accent sur trois axes principaux :
- L’international : séjours à l’étranger, collaborations avec plus de 100 universités partenaires et un fort accent sur l’apprentissage des langues.
- L’insertion professionnelle : stages annuels, accompagnement personnalisé pour la recherche d’emploi et un taux d’embauche élevé (80 % des étudiants reçoivent une offre d’emploi avant l’obtention de leur diplôme).
- L’apprentissage par projets : développement des compétences techniques et des compétences humaines essentielles en entreprise.
En tant qu’établissement d’enseignement supérieur privé d’intérêt général (EESPIG) à but non lucratif, l’Esaip réinvestit tous ses fonds dans l’enseignement, la vie étudiante et le soutien aux étudiants.Attachée à ses valeurs, l’Esaip vise à former des ingénieurs ouverts, responsables et capables de répondre aux enjeux de demain. Avec un réseau actif de plus de 6 000 anciens élèves, l’école offre de nombreuses opportunités de carrière, d’innovation et de mobilité internationale.
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