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Le trouble du spectre de l’autisme (TSA) fait partie intégrante de la personne. Il ne peut pas être dissocié de son fonctionnement global, notamment lorsqu’il s’agit d’orientation scolaire et d’études supérieures. Invisible, ce handicap est pourtant déterminant : ne pas en tenir compte revient à construire un projet voué à l’échec, malgré toute la motivation de l’adolescent.
Le passage du lycée à l’enseignement supérieur constitue déjà un défi pour beaucoup de jeunes. Pour un adolescent avec un TSA, cette transition est d’autant plus complexe que les exigences en autonomie, en adaptation sociale et en gestion de l’environnement augmentent fortement. Anticiper et comprendre les besoins spécifiques est indispensable pour sécuriser le parcours.
Comprendre ce qu’est le trouble du spectre de l’autisme
Le TSA se définit comme un ensemble de particularités de fonctionnement qui concernent principalement la communication, les interactions sociales et la manière de percevoir l’environnement. Les personnes autistes peuvent également présenter des intérêts spécifiques, des routines nécessaires à leur équilibre ou des particularités sensorielles marquées.
Ces caractéristiques se manifestent de façon très variable d’une personne à l’autre, tant dans leur intensité que dans leurs conséquences au quotidien. C’est pourquoi on parle de spectre : il n’existe pas un profil type, mais une multitude de fonctionnements différents, chacun nécessitant des réponses adaptées.
Handicap invisible : pourquoi l’individualisation est essentielle
Comme pour un handicap visible, les besoins doivent être analysés individuellement. Deux personnes peuvent rencontrer une difficulté similaire, mais avoir besoin d’aménagements totalement différents.
Appliquer une solution unique à des profils distincts est inefficace, voire contre-productif.
Dans le cadre des études, cela signifie que les difficultés observées en classe ou en groupe ne peuvent être comprises qu’à la lumière du fonctionnement propre de l’élève. Sans cette analyse fine, les aménagements proposés risquent d’être inadaptés et de renforcer le décrochage ou la fatigue.
Orientation et études supérieures : analyser les besoins réels
Pour construire un projet d’orientation pertinent, il est essentiel d’identifier précisément les difficultés rencontrées par l’adolescent :
- relation au groupe et aux interactions sociales,
- sensibilité sensorielle (bruit, lumière, agitation),
- compréhension des attentes implicites,
- gestion des imprévus et des changements,
- fatigabilité et besoin de récupération.
Cette analyse permet ensuite de choisir une formation et un environnement compatibles, mais aussi d’expliquer clairement les besoins aux référents handicap des établissements.
Se renseigner concrètement auprès des établissements
Tous les établissements d’enseignement supérieur affichent aujourd’hui un engagement en faveur de l’inclusion. Toutefois, la réalité des dispositifs varie fortement d’un lieu à l’autre. Il est donc indispensable de dépasser les discours institutionnels.
Participer aux journées portes ouvertes, rencontrer le référent handicap ou demander un rendez-vous dédié permet de mieux comprendre les aménagements réellement proposés, les moyens humains disponibles et la capacité de suivi des étudiants à besoins particuliers.
Le ratio entre le nombre d’étudiants suivis et le nombre de référents est un indicateur précieux pour évaluer la qualité de l’accompagnement.
L’environnement d’études compte autant que la formation
Pour un jeune avec un TSA, l’environnement est aussi important que le contenu des études. Organisation des cours, taille des groupes, modalités d’évaluation, rythme, autonomie demandée, cadre de vie : tous ces éléments peuvent favoriser ou freiner la réussite.
C’est pourquoi l’orientation ne peut se limiter à un intitulé de formation ou à un débouché professionnel. Elle doit intégrer le fonctionnement global de l’adolescent et son équilibre au quotidien.
Des thématiques clés à explorer en famille
Plusieurs axes méritent une réflexion approfondie avant de faire un choix d’orientation :
- les intérêts spécifiques et la manière de les valoriser sans enfermer,
- la sensorialité et la gestion des surstimulations,
- le niveau d’autonomie dans la vie quotidienne,
- la fatigabilité et la capacité à tenir un rythme sur la durée.
Ces thématiques concernent d’ailleurs tous les adolescents, avec ou sans TSA, mais elles sont particulièrement déterminantes pour sécuriser un parcours d’études dans le supérieur.
En conclusion : anticiper pour mieux réussir
L’orientation d’un adolescent avec un trouble du spectre de l’autisme ne peut pas reposer sur l’idée qu’« il s’adaptera ». Ces jeunes fournissent déjà d’importants efforts d’adaptation au quotidien, souvent au prix d’une grande fatigue.
Prendre en compte leurs besoins spécifiques, anticiper les aménagements et choisir un environnement adapté, c’est leur donner de réelles chances de réussite et d’épanouissement, dans les études comme dans la vie future.
Pour aller plus loin
Comprendre les besoins des ados avec un trouble du spectre de l’autisme et comment les prendre en compte dans l’orientation scolaire.
Les intérêts spécifiques, nous verrons comment les prendre en compte dans les choix d’orientation, mais aussi quels sont les risques à identifier. Vous pourrez ainsi mettre en place des garde-fous par exemple.
La sensorialité, point majeur de l’autisme, en cas de surcharge, votre enfant peut s’effondrer. Il est donc indispensable de bien connaître son profil sensoriel mais aussi ses besoins en cas de sur sollicitation.
L’autonomie, que ce soit l’hygiène, la gestion du quotidien, la prise des repas, le sommeil, déplacements…sont à prendre en compte dans le choix des études ! Travail d’introspection à faire pour les familles, je vous explique pourquoi !
Prendre en compte la fatigabilité de vos enfants, l’identifier et comment l’intégrer dans le choix des études.
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