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Étudier en Suisse après le bac : opportunités et règles de base pour les jeunes Français

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Nous présentons ici les principales possibilités pour étudier en Suisse pour un jeune de nationalité française, issu du système éducatif français, en voie générale ou technologique.

Nous ne parlerons pas des jeunes ayant la nationalité suisse, ni de ceux actuellement scolarisés dans le système suisse via la Maturité, les critères pour eux sont différents, et ils connaissent souvent déjà très bien le système suisse.

Commençons par les avantages d’étudier en Suisse.

La qualité de vie y est remarquable, la sécurité élevée, et la partie romande permet d’étudier principalement en français. Genève et Lausanne sont des villes cosmopolites et bien connectées en transport. À l’issue des études, les opportunités professionnelles sont nombreuses, et les salaires suisses sont parmi les plus élevés d’Europe. En résumé, la Suisse offre un environnement attractif, stable et rassurant.

Passons maintenant aux avantages en terme de cadre académique du système éducatif publique suisse.

Le système suisse propose des formations de haute qualité, dans presque toutes les disciplines. Les filières publiques sont accessibles avec des frais de scolarité faibles.

La Suisse applique le système LMD – licence, master, doctorat – compatible avec la France et l’Union européenne. Un étudiant peut donc effectuer un Bachelor en Suisse, puis poursuivre en Master en France. Inversement, une Licence française permet de candidater en Master en Suisse.

Autre point essentiel : le système de sélection est transparent, direct et lisible. Il n’existe pas d’équivalent à Parcoursup. Les universités publiques suisses recrutent sur la base des notes obtenues au bac, y compris (et contrairement à Parcoursup) des notes finales du bac en spécialités, philosophie et grand oral.

En général, il n’y a ni entretien, ni lettre de motivation pour être accepté à l’Université en Suisse. Mais une condition est déterminante : avoir les bonnes spécialités au lycée.

Les spécialités nécessaires pour accéder aux universités publiques suisses.

Les règles varient légèrement selon les cantons, mais les principes restent constants.

Pour accéder à une université publique – par exemple Genève ou Lausanne – un élève français doit avoir suivi au lycée :

En première : spé Mathématiques Et : spé Physique‑Chimie ou spé SVT

Puis En terminale : Mathématiques, en spécialité ou en option Et : spé Physique‑Chimie ou SVT

Ces exigences s’appliquent même pour un jeune qui veut postuler dans des filières non scientifiques, comme le droit, la psychologie ou les lettres. Il n’existe pas de passe‑droit, et ces bases scientifiques garantissent le niveau attendu par rapport aux élèves du système suisse.

À cela s’ajoute une condition de moyenne générale: au moins 12 sur 20 au bac.

Autrement dit : la mention “assez bien” et les bonnes spécialités scientifiques sont indispensables.

En contrepartie, l’avantage est majeur : si les spécialités sont conformes aux attentes et la moyenne supérieure à 12, l’admission est garantie à l’université de Genève ou de Lausanne, sous simple réserve de respecter les démarches administratives.

Certaines filières suisses sont particulièrement attractives et assez uniques.

En voici 4 exemples, connus pour leur excellence ou leur caractère spécifique :

  • Les sciences forensiques à Lausanne, référence européenne en criminalistique scientifique. Un bachelor puis un master pour ceux qui veulent travailler ensuite dans la police scientifique par exemple.
  • Les sciences biomédicales à Genève, avec une très forte employabilité grâce à l’écosystème pharma et medtech.
  • La logopédie, équivalent de l’orthophonie, accessible via la voie du Bachelor de psychologie (contrairement à la France, qui force une spécialisation dès la licence 1 et exige souvent un dossier avec plus de 15/20 de moyenne).
  • La physique à l’Université de Genève, très pointue, notamment en physique quantique.

Abordons maintenant 2 exceptions : la voie médecine et véto, et l’Ecole appelée HEAD : H, E, A , D.

Les filières médecine et véto ne sont pas accessibles aux jeunes français, sauf si l’un des parents travaille en Suisse depuis plusieurs années (histoire d’impôts). Donc la Suisse n’est pas un moyen de contourner le système français.

En revanche, la HEAD Genève, école d’art et de design de haut niveau, est accessible même sans spécialités scientifiques au bac ; c’est un cas unique, et une voie intéressante pour les élèves à fort potentiel créatif.

L’EPFL, une Ecole d’ingénieur publique exceptionnelle pour les très bons élèves.

L’EPFL, c’est L’École Polytechnique Fédérale de Lausanne, qui est l’une des meilleures écoles d’ingénieurs au monde (classée 20eme au classement QS) au même niveau que les Polytechnique, Mines ou CentraleSupélec français.

L’EPFL recrute principalement post‑bac, pour un durée d’étude de 5 ans qui amène à un Master. L’admission se fait sur dossier, avec des exigences très élevées :

  • 16 sur 20 minimum au bac de mathématiques,
  • 16 sur 20 minimum au bac physique‑chimie,
  • et une moyenne générale souvent supérieure à 16.

L’admission pour les non suisses dépend d’un quota : il faut donc avoir les notes en ligne avec les critères, et en plus être parmi les meilleurs dossiers.

L’année 1 est extrêmement exigeante. La charge de travail est comparable à celle d’une classe préparatoire scientifique, mais avec moins d’encadrement. Les étudiants doivent être autonomes, organisés et résistants au stress. Le taux d’échec entre la première et la deuxième année est très élevé (contrairement aux classes prépas, ou aux Ecole d’Ingé post bac françaises). En revanche, ceux qui passent le cap de la première année, et travail sérieusement ensuite, prennent le chemin vers un Master d’ingénieur de niveau mondial.

Un point important, il existe à l’EPFL 13 bachelors, et il faut choisir dès l’année 1 sa voie. Même si des passerelles peuvent exister, il faut bien réfléchir à sa préférence. On retrouve les grandes filières classiques du monde de l’ingénierie : génie mécanique, micro technique, génie civil, architecture, systèmes d’info, informatique, maths appliqués, biologie, etc.

Les frais de scolarité pour les étudiants étrangers sont d’environ 5 000 euros par an. Ce n’est pas rien, mais le retour sur investissement en terme de qualité de diplôme et de future employabilité, est excellent.

Les Hautes Écoles Spécialisées (HES)

Elles sont assez similaires aux BUT français : des formations professionnalisantes, un faible coût de scolarité, trois années d’études, avec à la fin un diplôme de Bachelor reconnu par l’Etat.

Les HES sont accessibles avec n’importe quelle spécialité du bac général, ou avec un bac technologique correspondant – par exemple STMG pour la HEG Genève, ou STI2D pour l’HEPIA.

Cependant, une contrainte majeure existe : il faut justifier environ un an d’expérience professionnelle dans le domaine visé. Cela peut être un stage long ou un CDD. Pour un jeune français, cela implique donc souvent une année complète de stage après le bac, et avant de commencer en HES, ce qui rend cette voie moins accessible et très peu choisie.

Après le système public, abordons maintenant les écoles privées.

La Suisse compte de nombreuses écoles privées. Leur coût est souvent très élevé, parfois deux à trois fois supérieur à celui des écoles françaises, sans réelle plus‑value académique par rapport à la France. Donc globalement, à éviter.

Une exception notable : l’EHL Lausanne, l’Ecole Hotellière de Lausanne, mondialement reconnue pour l’hôtellerie et l’hospitalité de luxe. Une formation d’excellence, avec un bon retour sur investissement, malgré des frais de scolarité très élevés.

Les désavantages du système Suisse, ou plutôt, le gros désavantage.

C’est principalement le coût de la vie. Le coût du logement et de la vie quotidienne, particulièrement à Genève et Lausanne, est très élevé. Les frais de scolarité publics sont faibles, mais le budget total reste donc conséquent.

Pour le reste, il s’agit surtout de préférences personnelles : environnement culturel, proximité de la montagne, rythme de vie. Certains jeunes préfèreront le France, d’autre la Suisse.

Pour conclure, résumons : pour quels profils la Suisse est-elle un bon choix ?

Faire ses études en Suisse fait du sens pour :

  • des jeunes ayant suivi maths, ainsi Physique ou SVT, venant de la voie générale
  • ayant plus de 12 sur 20 de moyenne au bac pour accéder à l’Université Publique, ou plus de 16 pour l’EPFL ;
  • des jeunes intéressés par des bachelors spécifiques non proposés en France, ou particulièrement reconnus à l’Uni de Genève, Lausanne ou Neufchâtel
  • ou des jeunes cherchant un plan B à Parcoursup, notamment pour sécuriser une admission garantie lorsque les spécialités et la moyenne répondent aux critères suisses.
  • des familles capables de financer le coût de la vie ;
  • et enfin, des jeunes attirés par des formations d’excellence , nous en avons mentionnées 3 comme exemple: l’EPFL, la HEAD, l’EHL (et il y en a d’autre dans la Suisse Alémanique, par exemple à Zurich)

En revanche, la Suisse n’est pas accessible pour médecine ou vétérinaire, peu recommandée pour ses HES, donc peu recommandés pour les jeunes français venant de la voie techno ; et souvent peu pertinente pour les écoles privées hors EHL.

Pour aller plus loin, toutes les informations sont disponibles sur internet, mais elles sont très nombreuses et parfois complexes. Si vous souhaitez évaluer la pertinence de la Suisse pour le profil et le projet de votre enfant, vous pouvez contacter Renaud Poncelet, qui a contribué au contenu de cet épisode, via l’annuaire des conseillers en orientation scolaire sur le site Azimut Orientation.

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