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L’autonomie du quotidien, souvent invisible pour l’entourage, est pourtant un facteur déterminant dans l’orientation scolaire des jeunes avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Choisir un établissement éloigné du domicile familial implique, en effet, une vie seule ou semi-autonome. Lorsque l’autonomie n’est pas acquise, le champ des possibles en matière d’études supérieures se réduit considérablement, notamment dans les petites villes.
L’autonomie doit donc être intégrée pleinement à la réflexion d’orientation, au même titre que les centres d’intérêt, la fatigabilité ou la sensorialité.
Qu’entend-on par autonomie au quotidien ?
Être autonome, ce n’est pas seulement réussir scolairement. C’est pouvoir gérer seul les actes du quotidien : hygiène corporelle, repas, sommeil, déplacements, linge, courses ou encore organisation personnelle. Chez les jeunes avec TSA, ces compétences ne sont ni innées ni automatiques. Elles peuvent nécessiter des apprentissages spécifiques, progressifs et individualisés.
Il est essentiel de rappeler qu’un jeune peut être très autonome sur certains aspects et beaucoup moins sur d’autres. L’analyse doit donc toujours se faire au cas par cas, en tenant compte du fonctionnement réel de votre enfant.
Identifier les aides invisibles du quotidien
Pour évaluer l’autonomie réelle, il est utile de lister les tâches quotidiennes et de se demander si votre enfant les réalise sans consigne verbale et sans aide humaine. Certaines habitudes familiales, devenues presque invisibles tant elles sont intégrées, soutiennent fortement le quotidien : préparer les vêtements, rappeler l’heure de la douche, signaler qu’il est temps de partir, organiser le rangement…
Dans un projet d’études impliquant un déménagement, ces aides disparaissent. Un jeune capable de se laver seul peut, par exemple, cesser complètement de le faire en l’absence de rappel. Ce décalage entre autonomie apparente et autonomie réelle peut mettre en difficulté un parcours d’études.
Se poser les bonnes questions avant l’orientation
Accompagner son enfant dans son orientation implique un véritable travail d’introspection parentale. Posez-vous des questions concrètes :
- Se douche-t-il sans rappel ?
- Change-t-il de vêtements spontanément ?
- Gère-t-il ses horaires sans aide ?
- Sait-il organiser son travail scolaire seul ?
- Éteint-il les plaques après avoir cuisiné ?
Ces actions reposent souvent sur des routines. Il est fondamental de vérifier que vous ne faites pas partie intégrante de ces routines. Si c’est le cas, un travail d’adaptation est nécessaire pour vous effacer progressivement et renforcer l’autonomie réelle de votre enfant.
Les conséquences d’un manque d’autonomie dans les études
Un jeune peut être très performant intellectuellement mais se retrouver en échec faute d’autonomie organisationnelle : devoirs non rendus, travail non anticipé, empiètement sur le sommeil ou les repas. De même, une autonomie insuffisante sur l’hygiène peut freiner l’intégration dans un groupe ou l’accès à un stage, tandis qu’une mauvaise gestion des repas peut impacter directement la santé et la réussite scolaire.
Anticiper ces difficultés permet de mettre en place des apprentissages ciblés et d’ouvrir le champ des possibles en matière d’orientation.
Anticiper pour sécuriser le parcours
Des professionnels, comme les éducateurs spécialisés, peuvent accompagner votre enfant à domicile pour travailler l’autonomie. Ces accompagnements peuvent parfois être intégrés à un dossier auprès de la MDPH, afin de solliciter des aides financières, même si leur obtention n’est jamais garantie.
L’orientation scolaire est un véritable projet familial pour les parents d’enfants avec TSA. Le passage du lycée aux études supérieures représente une étape majeure, où l’autonomie quotidienne devient aussi importante que les compétences académiques. Prendre le temps d’anticiper, d’analyser et d’accompagner ces apprentissages, c’est sécuriser durablement le parcours de votre enfant.
Pour aller plus loin
Comprendre les besoins des ados avec un trouble du spectre de l’autisme et comment les prendre en compte dans l’orientation scolaire.
Les intérêts spécifiques, nous verrons comment les prendre en compte dans les choix d’orientation, mais aussi quels sont les risques à identifier. Vous pourrez ainsi mettre en place des garde-fous par exemple.
La sensorialité, point majeur de l’autisme, en cas de surcharge, votre enfant peut s’effondrer. Il est donc indispensable de bien connaître son profil sensoriel mais aussi ses besoins en cas de sur sollicitation.
L’autonomie, que ce soit l’hygiène, la gestion du quotidien, la prise des repas, le sommeil, déplacements…sont à prendre en compte dans le choix des études ! Travail d’introspection à faire pour les familles, je vous explique pourquoi !
Prendre en compte la fatigabilité de vos enfants, l’identifier et comment l’intégrer dans le choix des études.
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Quelle stratégie adopter et éviter sur Parcoursup?
Vous vous demandez comment passer d’un projet d’orientation à une stratégie de voeux Parcoursup gagnante?
En d’autres mots, comment s’assurer que mon enfant pourra intégrer la formation dont il ou elle a vraiment envie. Cette formation qui l’intéressera, dans laquelle il s’épanouira.
Il n’existe pas une seule stratégie gagnante. Par contre il existe des stratégies perdantes et à éviter.
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