Petit rappel : qu’est-ce qu’une Licence ?
La Licence est un diplôme national de niveau bac+3, préparé en trois ans (L1, L2 et L3) et correspondant à 180 crédits ECTS. À l’université, elle permet d’acquérir progressivement des connaissances dans une discipline tout en développant des compétences de recherche, d’analyse et de méthodologie.
La Licence Droit, Sciences et Innovation se distingue toutefois d’une licence classique : il s’agit d’une formation pluridisciplinaire qui associe une licence en droit à des enseignements scientifiques et technologiques, dans le cadre d’un double diplôme. L’objectif est de former des juristes capables de comprendre les problématiques scientifiques auxquelles le droit est amené à s’appliquer.
Une licence du domaine Droit, Économie, Gestion (DEG)
La licence Droit, Sciences et Innovation s’inscrit dans le domaine Droit, Économie, Gestion (DEG) défini par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Elle propose une approche pluridisciplinaire en croisant les fondamentaux du droit avec des enseignements scientifiques et technologiques.
L’idée n’est pas de former simultanément un juriste et un scientifique ou un ingénieur. L’étudiant acquiert avant tout de solides bases juridiques, auxquelles s’ajoute une culture scientifique suffisamment approfondie pour comprendre les enjeux techniques et participer à leur encadrement juridique.
Cette approche répond à une évolution du droit : les juristes sont de plus en plus amenés à travailler sur des sujets faisant appel à des connaissances scientifiques ou technologiques, par exemple dans les domaines de l’intelligence artificielle, des biotechnologies, des données, de l’environnement ou encore de la santé.
Le parcours AZIMUT : droit
Sur AZIMUT, cette formation est rattachée au parcours Droit.
Elle peut intéresser les lycéens qui souhaitent conserver une forte dominante juridique tout en développant une véritable appétence pour les sciences. C’est donc un cursus à envisager lorsque le projet professionnel se situe à la rencontre de ces deux univers.
Une licence au cœur des enjeux de demain
L’intelligence artificielle, les biotechnologies, la cybersécurité, les nouvelles technologies ou encore les innovations médicales soulèvent de nombreuses questions juridiques : comment réglementer une nouvelle technologie ? Qui est responsable lorsqu’un système automatisé cause un dommage ? Comment protéger une invention ? Comment encadrer l’utilisation de données ou de nouvelles techniques scientifiques ?
La Licence Droit, Sciences et Innovation propose précisément de réfléchir à ces problématiques en associant raisonnement juridique et culture scientifique.
La particularité de la formation est donc moins d’apprendre des « technologies » au sens professionnel que de permettre au futur juriste de comprendre suffisamment les concepts scientifiques et techniques pour dialoguer avec des chercheurs, ingénieurs ou experts et en saisir les implications juridiques.
Les cours enseignés dans la licence Droit, Sciences et Innovation
Le droit occupe une place centrale dans la formation. Les étudiants suivent les principaux enseignements fondamentaux d’une licence de droit et apprennent progressivement à maîtriser le raisonnement juridique.
Ils peuvent notamment étudier le droit constitutionnel, le droit civil, le droit administratif, le droit des obligations ou encore d’autres grandes branches du droit au fil de leur progression dans le cursus.
À ces enseignements s’ajoute un volet scientifique. La formation permet de progresser dans plusieurs domaines des sciences exactes et expérimentales, notamment la biologie, la chimie, la physique et l’informatique. Les connaissances scientifiques sont notamment abordées à travers des thématiques permettant de faire le lien avec les problématiques juridiques.
Cette articulation constitue l’une des principales particularités du cursus. Les étudiants peuvent par exemple être amenés à réfléchir aux conséquences juridiques d’une innovation scientifique, à la preuve électronique ou aux questions posées par certaines technologies.
Des enseignements d’épistémologie peuvent également permettre de réfléchir à la manière dont les connaissances scientifiques sont produites et à la façon dont elles peuvent être mobilisées dans le raisonnement juridique.
La méthodologie reste par ailleurs essentielle : dissertation, cas pratique, commentaire et autres exercices juridiques permettent de développer la rigueur nécessaire aux études de droit. Des projets ou séminaires interdisciplinaires viennent compléter cette approche.
Il faut donc avoir conscience que cette formation demande de travailler dans deux univers académiques différents, avec des exigences importantes en droit comme en sciences.
Les épreuves continues et finales
Comme dans les autres formations universitaires, les modalités d’évaluation peuvent varier selon les enseignements. Les étudiants peuvent être évalués au moyen de contrôles continus, d’examens terminaux, de devoirs écrits, d’oraux ou encore de projets.
En droit, les évaluations portent notamment sur la maîtrise des connaissances et la capacité à construire un raisonnement juridique. Les enseignements scientifiques peuvent davantage faire appel à la compréhension des concepts, à l’analyse ou au travail en projet.
La diversité des matières nécessite donc une bonne organisation et une capacité à changer de méthode de travaild’une discipline à l’autre.
Les stages professionnels ou alternance pendant la licence
L’alternance n’est pas la caractéristique principale de ce type de cursus, qui repose avant tout sur une formation académique exigeante.
En revanche, des expériences professionnelles ou d’immersion peuvent être intégrées au parcours. La formation prévoit notamment une immersion en laboratoire ou dans un environnement de recherche, permettant à l’étudiant de découvrir concrètement le fonctionnement d’un environnement scientifique et de mieux comprendre le travail des chercheurs et experts avec lesquels un juriste peut être amené à collaborer.
Un stage constitue également une bonne occasion de vérifier que le projet professionnel correspond bien à la réalité des métiers envisagés.
Poursuites d’études possibles après la licence
Après cette licence, la poursuite d’études en master constitue généralement la voie privilégiée.
Le profil pluridisciplinaire acquis pendant le cursus peut notamment conduire vers des spécialisations en :
- droit du numérique ;
- droit de la propriété intellectuelle ;
- droit de la santé ;
- droit de l’environnement ;
- droit des technologies ;
- droit de l’innovation ;
- droit des données ;
- droit des activités scientifiques et technologiques.
Selon son projet et son dossier, l’étudiant peut également envisager une poursuite en doctorat, notamment s’il souhaite s’orienter vers la recherche sur des problématiques situées au croisement du droit et des sciences.
Il est important de préciser que cette licence ne donne pas un niveau de formation scientifique équivalent à celui d’une licence de sciences. Elle permet plutôt au juriste de disposer d’une culture et de compétences scientifiques complémentaires à sa formation juridique.
Quels métiers après une licence Droit, Sciences et Innovation ?
La plupart des métiers les plus spécialisés nécessitent une poursuite d’études en master. Parmi les perspectives possibles, on peut notamment citer :
- Juriste en droit de l’innovation ;
- Juriste en propriété intellectuelle ;
- Juriste en droit du numérique ;
- Juriste spécialisé dans les données ou les nouvelles technologies ;
- Juriste dans le secteur de la santé ou de l’environnement ;
- Chargé de valorisation de la recherche ;
- Consultant spécialisé dans les enjeux réglementaires liés aux technologies ;
- Responsable ou chargé de conformité ;
- Avocat, après les formations et examens nécessaires à l’exercice de la profession.
Le véritable atout de ce parcours est de pouvoir faire le lien entre les problématiques juridiques et les enjeux scientifiques ou techniques. Il peut ainsi être particulièrement pertinent pour les secteurs dans lesquels juristes, chercheurs, ingénieurs et entreprises doivent travailler ensemble.
Cette licence est-elle faite pour mon enfant ?
Cette formation s’adresse avant tout à des lycéens qui apprécient à la fois le droit et les sciences.
Votre enfant aime-t-il argumenter, analyser des textes et comprendre les règles juridiques, tout en étant à l’aise avec les matières scientifiques ? S’intéresse-t-il aux nouvelles technologies, aux découvertes scientifiques, à la santé ou aux questions environnementales ? A-t-il envie de comprendre comment les innovations transforment notre société et comment elles peuvent être encadrées ?
Dans ce cas, cette formation peut être intéressante.
Il faut toutefois être conscient de son exigence. L’étudiant doit être capable de travailler dans des matières très différentes et de passer du raisonnement juridique à des problématiques scientifiques. Une bonne maîtrise de l’expression écrite est importante pour réussir en droit, tandis qu’un bon niveau scientifique et une réelle curiosité pour les sciences sont indispensables pour suivre les enseignements interdisciplinaires.
Ce n’est donc pas une formation à choisir uniquement parce qu’elle paraît « innovante » : le goût pour le droit comme pour les sciences doit être réel.
Comment intégrer cette licence ?
L’accès en première année se fait via Parcoursup. Contrairement à une licence de droit classique, ce type de double cursus peut être sélectif, avec un nombre de places limité.
Les profils scientifiques sont particulièrement adaptés à la formation. Pour certaines formations proposant ce cursus, les candidats sont notamment attendus sur un bac général avec des spécialités scientifiques. Les résultats scolaires, les méthodes de travail, la motivation et la cohérence du projet sont examinés lors de l’étude du dossier.
Les spécialités de mathématiques, sciences de la vie et de la Terre, NSI ou d’autres spécialités scientifiques peuvent donc être pertinentes. Une spécialité comme SES ou HGGSP peut également contribuer à développer des compétences utiles au droit, mais le choix des spécialités doit avant tout rester cohérent avec le profil et le projet de l’élève.
La candidature doit surtout montrer que l’élève comprend la particularité du cursus et qu’il est réellement motivé par l’articulation entre droit et sciences.
Conclusion
La Licence Droit, Sciences et Innovation est un cursus particulièrement pluridisciplinaire, qui associe une solide formation juridique à des enseignements scientifiques. Son objectif n’est pas de faire de l’étudiant un scientifique ou un ingénieur, mais de lui donner les connaissances nécessaires pour comprendre les enjeux techniques auxquels le droit doit répondre.
Elle peut ainsi constituer une voie intéressante pour les lycéens qui souhaitent se spécialiser progressivement dans des domaines comme le numérique, la propriété intellectuelle, la santé, l’environnement ou l’innovation.
En revanche, son caractère exigeant et son orientation très particulière doivent être pris en compte : il faut aimer le droit, mais aussi avoir une véritable appétence pour les sciences.
Consultez les autres licences proposées dans les parcours Droit :
- La licence Administration publique
- La licence Droit
- La licence Droit français – Droits étrangers
- La licence Droit, Economie
- La licence Droit, Informatique
- Le CPES Economie, société et droit
Découvrez les autres licences dans les autres parcours.
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